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C’est du gâchis.
Isolement social. Fatigue. Incompréhension. Passions inadéquates. Impairs sociaux. Incompréhension chronique du monde environnant qui n’a point de logique.
Surfonctionnement invisible. Masques trop lourds qui semblaient normaux. Effondrements toujours plus nombreux, toujours plus rapprochés. Le temps passe, et tout s’accumule. Syndrome de Diogène mental, où les choses s’empilent où elles peuvent, chaotiquement, l’existence rendue possible au point de sacrifices toujours plus difficiles, toujours plus épuisants. Les mots ne sortaient plus qu’au forceps, toute logique en fumée, plus aucune mémoire ou capacité mémorielle.
Et puis.
Et puis, j’ai cherché, creusé, fouillé, consulté, crié, pleuré, persévéré avec une énergie toujours plus basse. Des années à parler à des murs en blouses blanches goguenards qui pensent que leurs années d’études habillent gracieusement un égo démesuré et une misogynie à peine cachée.
Et puis.
Et puis, voilà. Il aura fallu parler à une personne, dont la belle âme aura donné les bons chemins. En moins de six mois, après une errance où j’ai fini courbée, vidée, confuse, les mots sont posés.
Trouble de l’attention avec hyperactivité. Autisme.
Pire encore : burn-out autistique.
Depuis ce jour, je regarde en arrière. J’analyse, réexamine, rembobine et regarde de nouveau des passages. Je regarde tout, comme si j’avais enfin le bon magnétoscope pour lire la cassette de ma vie. Tout ce temps, ces efforts, ces espoirs, ces relations sociales, ces jobs, études, tout ce qui a été raté, loupé, échoué ou réussi au prix d’un effort mortifère.
C’est du gâchis. C’est un putain de gâchis. Tout ça aurait pu tellement mieux se passer. Si seulement j’avais été écoutée, crue, si j’avais existé pour ceux qui m’entouraient. J’ai tellement essayé en vain. Plus de quarante ans gâchés. Des lambeaux. Faire le deuil du passé, accepter le gâchis. Faire le deuil du futur et des espoirs. Faire le deuil de soi.
Et puis, enfin.
On rêve de plus de normalité. On teste un traitement, qui semble aider un peu. Mais voilà, certains dégâts sont irréversibles, ou mettront du temps à se rétablir. Revenir à la normale n’est pas impossible mais cela se fait au pris de soins et d’un environnement complexes. Il faudra encore lutter, lutter, lutter et faire la tortue jusqu’au bout. Je suis trop fatiguée pour savoir si j’en ai encore envie.




